À l’occasion de la Foire Internationale de Bordeaux, le CROS Nouvelle-Aquitaine a présenté les résultats de son enquête consacrée à la parité au sein des instances dirigeantes du mouvement sportif régional. Organisée au Village des Sports le 28 mai dernier, cette restitution s’inscrit dans le cadre du projet « 2025-2028 : en route vers la parité dans les instances sportives de Nouvelle-Aquitaine », qui vise à accompagner les structures sportives régionales dans l’évolution de leurs pratiques de gouvernance.
Réalisée entre février et avril 2026 auprès des ligues et comités sportifs adhérents au CROS Nouvelle-Aquitaine, l’enquête a permis de recueillir les réponses de 47 structures sur les 96. Son objectif était de quantifier l’état d’avancement de la parité dans les structures, mieux comprendre la place des femmes dans les fonctions dirigeantes, d’identifier les leviers et les difficultés rencontrés, et d’alimenter les réflexions sur les actions à mener dans les années à venir.
À travers cette enquête, le CROS Nouvelle-Aquitaine s’intéresse à un enjeu qui dépasse la seule question de la représentation des femmes. La parité constitue en effet un levier de gouvernance et s’inscrit pleinement dans les démarches de responsabilité sociétale des organisations (RSO), qui invitent les structures sportives à interroger leur fonctionnement, leurs processus de décision et la diversité de leurs instances dirigeantes.
Un mouvement de féminisation engagé
Les résultats mettent en évidence une progression de la présence des femmes dans les instances dirigeantes du sport régional. La féminisation moyenne des conseils d’administration des structures répondantes s’élève à près de 40%.
Toutefois, les situations restent diverses selon les disciplines et les organisations. Parmi les structures interrogées, seules 30% déclarent disposer aujourd’hui d’un conseil d’administration paritaire. A noter qu’une minorité de structures n’obtiennent pas la parité par une sur-représentation féminine.
L’enquête met en avant que la féminisation des fonctions exécutives (présidence, vice-présidence, secrétariat et trésorerie) suit des dynamiques qui sont différentes entre elles, et sont une conséquence plus qu’une cause du processus de féminisation. Elle montre également un effet de plafond de verre, la présidence étant la fonction la moins féminisée. Les fonctions de secrétariat général et de vice-présidence apparaissent particulièrement investies.
Mieux comprendre les facteurs d’évolution
Au-delà des données chiffrées, l’étude s’est intéressée aux éléments susceptibles d’influencer la composition des gouvernances sportives.
L’enquête met en évidence l’importance des parcours d’engagement et des mécanismes de repérage des futurs dirigeants. Les résultats suggèrent que la féminisation des instances s’inscrit dans un processus progressif qui ne peut s’inscrire que dans le temps. Ce processus est traversé par différentes étapes de maturité dans lesquelles les difficultés affrontées évoluent, ce qui souligne l’importance d’un accompagnement différencié selon les structures.
Parmi les principaux facteurs identifiés figurent le vivier de candidatures disponibles, les contraintes de temps liées à l’engagement bénévole ou encore la confiance nécessaire pour accéder à certaines responsabilités. Le manque de candidates est le frein le plus fréquemment cité par les structures interrogées.
Des démarches déjà engagées dans les structures
De nombreuses ligues et comités ont déjà entrepris des actions pour favoriser une représentation plus équilibrée au sein de leur gouvernance. Les initiatives recensées concernent notamment le recrutement de nouvelles dirigeantes, les actions de sensibilisation ou encore les dispositifs de formation.
L’étude souligne cependant que les niveaux d’avancement diffèrent selon les structures. Certaines disposent déjà d’une politique ou d’un plan d’action dédié à l’égalité, tandis que d’autres sont encore dans une phase de réflexion ou de mise en place d’outils adaptés.
Une base de travail pour les années à venir
Pour le CROS Nouvelle-Aquitaine, cette enquête constitue avant tout un outil d’observation et d’accompagnement. Les enseignements recueillis permettront d’adapter les actions proposées aux réalités des structures sportives du territoire et de poursuivre le travail engagé en faveur d’une gouvernance plus représentative.
Les résultats présentés lors de cette restitution montrent que la progression vers une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes dans les instances dirigeantes s’inscrit dans un processus de long terme. Les dynamiques observées diffèrent selon les structures, leur histoire, leur discipline ou encore leur niveau de maturité sur ces questions.
Cette rencontre a également permis d’ouvrir les échanges avec les participants autour des enjeux de gouvernance, de renouvellement des dirigeants et des conditions favorisant l’engagement des femmes dans les fonctions à responsabilité. Autant de réflexions qui alimenteront les futures actions du CROS Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de son plan d’action en faveur de la parité. Parmi elles figure notamment l’appel à manifestation d’intérêt (AMI)« Club des 300 femmes dirigeantes », destiné à accompagner les structures sportives dans le repérage, la formation et la montée en compétences de futures dirigeantes, tout en favorisant une plus grande mixité au sein des instances de gouvernance.
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